Stars 80 : du réel à la fiction, de la fiction au réel

par

Fanny Noël et Stefania Wattier (Université catholique de Louvain)

affiche du film Stars 80Ce travail est une analyse du film Stars 80 sous l’angle de deux approches théoriques : l’effet de réel selon Glevarec et la nostalgie joyeuse selon Chris Tinker. Nous avons résumé les points de vue des producteurs afin de connaitre leurs intentions de communication, ainsi que celui des spectateurs et des critiques de presse afin de découvrir leur ressenti concernant la nostalgie. Ensuite, après l’analyse de certaines scènes du film, nous avons découvert des caméos, c’est-à-dire l’apparition de personnalités réelles et célèbres dans le film. Ces scènes démontrent l’effet de réel présent dans le film, ce qui renforce la nostalgie. Cela nous a permis de démontrer que ces deux approches théoriques étaient applicables au film et qu’elles avaient chacune eu un impact sur le ressenti des spectateurs.

Introduction

Notre travail se centre sur l’approche de la nostalgie dans le film Stars 80. Sorti en 2012, ce film de Frédéric Forestier et Thomas Langmann évoque l’histoire de la tournée RFM Party 80 sur le mode humoristique. En effet, Antoine et Vincent (joués par Patrick Timsit et Richard Anconina) dirigent une société de spectacle. Alors qu’ils sont criblés de dettes, ils ont l’idée de lancer une tournée avec les stars des années 80 pour les faire monter sur scène.

L’effet de réel joue un rôle important dans ce film : les chanteurs jouent leurs propres rôles, chantent leurs propres tubes et certaines scènes font même allusion à leur vie privée sur le mode de l’autodérision. C’est pourquoi notre problématique étudie comment cet effet de réel (notamment les caméos) peut potentiellement amplifier la nostalgie et amener une seconde tournée homonyme dès l’année suivante (2013).

Pour ce faire, nous allons, dans un premier temps, expliquer notre problématique ainsi que l’approche théorique mobilisée. Dans un second temps, l’analyse en elle-même portera sur différents points de vue quant à la nostalgie (presse, producteurs et spectateurs). Ensuite, nous analyserons des scènes du film qui relèvent directement de l’effet de réel.

Problématique et approche théorique

Notre travail se centre sur le film Stars 80 afin de comprendre en quoi l’effet de réel présent dans le film a pu amplifier la nostalgie pour amener la tournée Stars 80 alors que le film était basé sur l’histoire de la tournée RFM Party 80. Ce point de vue nous a semblé intéressant étant donné la concordance des dates : la première tournée, RFM Party 80, a débuté en 2006, le film est sorti en 2012 et la seconde tournée, Stars 80, a commencé en 2013.

Cette tournée n’est pas unique dans son genre : d’autres tournées avec des chanteurs des décennies 60-70 ont également eu lieu. Chris Tinker définit cela comme une nostalgie joyeuse, qui serait un phénomène national typiquement français[1]. Son article prend l’exemple de la tournée Âge Tendre et Tête de bois qui se caractérise par cette nostalgie joyeuse, c’est-à-dire qu’il y a une forme de nostalgie pour les chansons et chanteurs d’un autre temps, mais celle-ci s’accompagne d’une joie autour des souvenirs d’époque.

scène du restaurant - stars 80

Le film a ceci de particulier qu’il utilise divers caméos, c’est-à-dire l’apparition d’une personnalité dans un récit de fiction. Dans Stars 80, les chanteurs jouent leurs propres rôles, chantent leurs propres tubes et certains font même référence à des éléments de leur vie privée. Outre cet aspect, rappelons que le scénario du film s’est inspiré d’une histoire réelle, celle de la tournée RFM Party 80. C’est pourquoi nous postulons que l’effet de réel a pu amplifier la nostalgie et conduire à la tournée homonyme.

L’article de Glevarec, « Trouble dans la fiction. Effets de réel dans les séries télévisées contemporaines et post-télévision »[2], analyse le régime de réalisme fictionnel dans le cadre de la post-télévision. En effet, celle-ci se caractérise par la perméabilité des frontières entre la fiction et le réel. L’auteur définit le réel comme suit : « Il s’agit du réel des faits du monde, du réel des faits conjoncturels du monde socio-historique, parmi lesquels les œuvres de fiction elles-mêmes (une série, un film, un livre, etc.) font partie de façon plus prégnante qu’avant, de manière plus troublante aussi. »[3] En prenant l’exemple des séries américaines, l’auteur identifie trois traits de jonction entre la fiction et le réel. Premièrement, « le renouveau sériel de la grammaire audiovisuelle »[4], c’est-à-dire des innovations formelles qui contribuent à mêler les genres. C’est notamment le cas dans la bande-annonce du film analysée par la suite. Dans les séries, c’est notamment le cas du générique dissimulé et de certaines techniques de montage. Deuxièmement, il y a le fait que le temps de diffusion (voire de production) des séries tend à se rapprocher du temps réel, et ce en suivant les saisons et les événements de très près. Nous pouvons faire un rapprochement avec le film Stars 80 car sa sortie a suivi de très près la tournée RFM Party 80. En effet, la tournée RFM Party 80 s’est terminée en mars 2012 et le film est sorti en octobre 2012. Enfin, il y a « les points de contact des séries avec les faits réels et fictionnels »[5]. Glevarec en dégage trois catégories : « les effets de réel de type pragmatique »[6] (le direct par exemple), le cross-over (l’apparition de personnages d’autres séries) et « l’insertion d’éléments conjoncturels ou contextuels frais et prégnants dans la narration. »[7] Ce dernier point correspond en fait aux caméos, c’est-à-dire l’apparition de personnalités dans le film, mais également le contexte réel de la tournée RFM Party 80.

Nous verrons, dans la suite de notre travail, comment certains de ces éléments peuvent s’appliquer dans Stars 80.

Dans le film, tout commence avec l’expérience vécue des producteurs qui redécouvrent leurs vinyles de jeunesse. Suite à cette expérience, émerge l’idée de la tournée Stars 80. Ils contactent alors les chanteurs afin de tenter de les convaincre d’y participer. Cela leur permet de revivre leur succès d’antan, de reprendre du plaisir à jouer sur scène et à partager leur musique avec leur public. Nous sommes tout à fait dans une atmosphère et une humeur nostalgiques, comme nous le verrons dans les scènes décrites par la suite.

Ce qui est intéressant à retenir par rapport à notre problématique dans l’article de Steffen Lepa et Tritakis Vlasis, « Not every vinyl retromaniac is a nostalgic – a social experiment on the pleasures of record listening in the digital age »[8], est le fait qu’il souligne que le vinyle n’est pas forcément synonyme de nostalgie. En effet, après une étude scientifique, les auteurs ont pu suggérer quatre hypothèses[9] expliquant l’attrait de plus en plus fort pour l’objet vinyle. Par rapport à notre travail, nous allons retenir leur troisième hypothèse : pour les auditeurs de musique d’aujourd’hui, l’interaction, dans la pratique, avec le son familier et l’attrait sensoriel d’un médium de son propre passé, tel que le vinyle sur un tourne-disque, devrait entraîner une augmentation du sentiment de nostalgie par rapport à l’interaction avec des médiums plus actuels.

Bien que l’attrait pour le vinyle ne soit pas forcément toujours synonyme de nostalgie, nous pouvons affirmer que c’est bien le cas dans Stars 80. En effet, la boite à vinyles leur procure un sentiment de plaisir, familier, avec l’objet en tant que tel. Cette boite les emporte en même temps dans leurs souvenirs du passé, ce qui est synonyme d’un sentiment nostalgique.

photos vinyles - stars 80

Dans la thèse « Monochrome Memories : Nostalgia and Style in 1990s America »[10] de Paul Grainge, nous avons décidé de retenir non pas le mode mais bien l’humeur nostalgique abordée dans l’une des parties de l’article. En effet, l’état de nostalgie se définit principalement comme la relation entre le concept de perte et la notion d’authenticité et de temps. Cet état est structuré autour du principe d’absence et de désir. A contrario, le mode nostalgique n’a pas besoin d’avoir une relation entre la perte et le désir.

Davis[11] nous apporte un élément en plus qui permet d’affirmer que nous retrouvons une atmosphère, une humeur, un sentiment de nostalgie dans le film Stars 80. En effet, il précise que l’aspect social et l’environnement jouent un rôle important et qu’il y a différentes conditions pour affirmer un état nostalgique, notamment le fait que cette nostalgie doive porter sur une expérience vécue.

Méthodologie

Afin de répondre à notre problématique, nous avons décidé de travailler suivant plusieurs axes.

Premièrement, nous avons choisi d’analyser les points de vue des producteurs du film, du public et de la presse afin d’analyser si la notion de nostalgie est présente dans ces différents avis.

Deuxièmement, nous avons analysé les scènes du film dans lesquelles apparait un caméo :

  • Une scène où les chanteurs chantent leurs propres tubes (concerts)
  • La scène où les producteurs de la tournée font chanter le public afin de convaincre Jeanne Mas, par téléphone, de participer à la tournée.
  • La scène où Début de Soirée laisse leur place aux producteurs

Le but étant d’analyser ces différents éléments pour comprendre si l’effet de réel du film a amplifié l’effet nostalgique et ainsi amené à la deuxième tournée.

chanteurs tous ensemble sur scène - stars 80

Analyse

  • Point de vue des producteurs du film par rapport à la nostalgie du film

Les producteurs et réalisateurs du film avaient comme projet de faire de Stars 80 un film qui joue sur la nostalgie :

« Je ne voulais pas que ce soit un film nostalgique mais qu’on joue avec la nostalgie, que le film soit un hommage aux années 80 d’où les chansons de Balavoine, de Michel Berger, de Joe Dassin et autres, d’où la musique du Grand bleu, de 9 semaines ½, des Blues Brothers… » (Thomas Langmann)[12].

Ce propos permet d’affirmer que leur but était de plonger les spectateurs dans une atmosphère nostalgique joyeuse afin de leur permettre de se rappeler de bons souvenirs. Ce phénomène de nostalgie joyeuse est fortement marqué en France, dans le cadre de la musique populaire, selon Chris Tinker dans son article sur la tournée Âge tendre et Tête de bois. Thomas Langmann fait d’ailleurs référence à ce phénomène dans le dossier de presse :

« Si le come-back de tous ces chanteurs des années 80 comme celui des chanteurs des années yéyé est devenu un véritable phénomène, c’est qu’il y a autour de ces gens et de leurs chansons une vraie tendresse. D’abord parce que, pour tout le monde, ces tubes évoquent un moment de vie, une rencontre, un amour, un souvenir… Ensuite parce que ce sont des airs qui ont traversé les époques et que tout le monde connaît par cœur »[13] (Thomas Langmann)

Même si la nostalgie est un élément important dans la réception du film puisqu’elle replonge les spectateurs dans le passé, ce n’est pas le seul fait qui explique le succès du film. C’est d’ailleurs ce que précise Frédéric Forestier :

« D’abord, il existe une authentique tendresse pour ces chanteurs qui ont tous marqué un moment de notre vie. Mais la seule nostalgie n’explique pas tout.

D’une part, les artistes ont encore une pêche incroyable sur scène, de l’autre leurs chansons sont des tubes indémodables. Elles sont à la fois très mélodiques et très accrocheuses. » (Frédéric Forestier)[14].

  • Point de vue de la presse par rapport à la nostalgie du film

Plusieurs critiques sont parues dans la presse et certaines ont des points de vue complètement opposés et bien tranchés :

Le Point.fr publie une critique enchantée de cette comédie triomphante qu’est Stars 80 :

« Sur scène, les interprètes prennent un plaisir évident à donner le meilleur d’eux-mêmes, montrent des qualités artistiques et musicales qu’on ignorait. Au pays de la Star Academy, de The Voice et des chanteuses Kleenex obsédées par leur image, on (re)découvre des artistes normaux qui pensent d’abord à s’amuser et qui ont compris qu’être l’interprète d’un tube inoubliable est une chance, et pas un boulet. Le film et le spectacle sont optimistes, rendent hommage à la ténacité et au travail, exaltent l’amitié, tordent le cou au snobisme et remettent en cause les valeurs établies. » (Le Point.fr)[15]

Le journaliste insiste bien sur le fait que les acteurs/chanteurs ont tourné ce film afin de revivre des moments musicaux de leur passé et de vivre une expérience optimiste, qui se veut être un hommage aux tubes qualifiés d’inoubliables, plongeant directement le public dans une atmosphère d’antan.

A contrario, Les Inrocks, fidèles à eux-mêmes, n’ont pas été séduits. Qualifiée de « comédie lourde et indigeste », le journaliste insiste quand même sur le fait que c’est un film destiné aux fans. Aux personnes ayant vécu ou étant fan des années 80 donc. Il poursuit en précisant que le film surfe sur la vague « Rétromania » :

« Le tandem s’inscrit cette fois en plein cœur du mouvement Rétromania, dont il exploite l’un des filons les plus lucratifs : le culte nostalgique voué aux chanteurs populaires des années 80, ces François Feldman et Cookie Dingler auxquels des récents concerts collectifs ont redonné une visibilité inespérée. » (Les Inrocks)[16]

Enfin, le journaliste termine son article en précisant, encore une fois, ce propos :

« Du pain bénit pour les fans hardcore (conviés non-stop à chanter avec le film), mais le reste du monde, confidence pour confidence, risque de trouver ça vraiment nul. » (Les Inrocks)[17]

Il relève le fait que c’est un film dédié aux amateurs des années 80, qui sont conviés non-stop à chanter et qui, par conséquent, donne une atmosphère de souvenir et de nostalgie au film.

  • Point de vue des spectateurs par rapport à la nostalgie du film

Les critiques des spectateurs sur le site Allo Ciné[18] se divisent majoritairement en deux catégories : ceux qui ont apprécié de revoir les chanteurs des années 80 et de réentendre leurs chansons et ceux qui ont trouvé le film « nul ». Cependant, la plupart des spectateurs évoquent la nostalgie que le film peut susciter et certaines critiques positives reconnaissent la basicité du scénario. Parcourir ces critiques de spectateurs permet de se rendre compte de l’impact du film : globalement, même si le film est loin d’être un chef-d’œuvre, il est divertissant, voire drôle selon certains. De plus, son succès au box-office semble tenir au fait que les chanteurs jouent leurs propres rôles et chantent leurs tubes, autrement dit les caméos analysés dans les scènes du film.

  • Analyse des scènes internes au film avec caméos : en quoi il y a de la nostalgie ?

Une grande partie du film se compose d’extraits de concerts (différents des concerts réels) et cela est présent dès la bande-annonce qui mêle les styles et sème le trouble : s’agit-il d’un teaser de concert ou de la bande-annonce d’un film ? La confusion est d’autant plus prégnante que le film s’inspire de la tournée RFM Party 80 qui a débuté en 2006. Cette confusion entre les genres est prégnante et augmente l’effet de réel. De plus, le film joue aussi sur cette confusion car la majorité des scènes se déroulent en backstage, ce qui peut amener le spectateur à penser qu’il s’agit d’un reportage sur la tournée. En effet, deux caméos soutiennent cette hypothèse : Claire Chazal et Nikos Aliagas, deux (ex-) présentateurs de TF1 apparaissent brièvement dans le film afin de commenter la tournée.

La musique joue donc un rôle important dans le film. Stars 80 mêle la comédie et les concerts, aussi bien dans la bande-annonce que dans le film en lui-même, ce qui amplifie l’effet de réel selon Glevarec. Thomas Langmann, producteur/réalisateur du film, définit le film comme « à la fois une comédie et un spectacle musical. »[19]

Néanmoins, la musique seule ne parvient pas à expliquer le succès du film : le fait que les chanteurs jouent leurs propres rôles est un facteur important. Thomas Langmann le souligne d’ailleurs dans le dossier de presse :

J’ai cherché un scénariste et un metteur en scène. C’était compliqué, la plupart de ceux à qui j’en parlais pensaient qu’il valait mieux, plutôt que d’engager les vrais chanteurs, les faire interpréter par des acteurs […] Pour moi, c’était impossible. Ce qui fait la force du film justement, c’est que ce sont les vrais qui jouent – presque ! – leur propre rôle. [20]

L’une des scènes du film démontre d’ailleurs que c’est l’association entre les tubes et les chanteurs qui créent le succès. Alors qu’Antoine s’énerve sur le duo Début de Soirée et leurs « caprices de stars », il dit la phrase suivante : « De toute façon, c’est pas vous les stars ; les stars c’est vos chansons ! C’est quoi vos prénoms ? Tic et Tac ? Début et Soirée ? N’importe qui peut chanter vos chansons. » Sur ce, les chanteurs tendent leurs micros aux producteurs qui se retrouvent sur scène, la réaction du public est immédiate : « c’est pas eux », ils se font huer. N’importe qui ne peut donc pas chanter leurs chansons, il est important que ce soient les vrais car la nostalgie n’est pas seulement musicale, elle émane également des chanteurs.

Dans le film, certains d’entre eux craignent d’ailleurs d’être « has been », que le public les ait oubliés. C’est notamment le cas de Jeanne Mas:

Jeanne mas - stars 80 Antoine parvient à la convaincre en faisant chanter ses chansons au public pendant qu’il est au téléphone avec elle. Cela démontre que le public ne l’a pas oubliée, que ses chansons peuvent provoquer la nostalgie. Il y a là un effet de réel : certains ont pu penser que ça ne pouvait pas marcher parce que les chanteurs étaient « ringards », et ce aussi bien dans le film que dans la réalité. Pourtant, cette scène démontre que le succès est au rendez-vous et que le public est nostalgique et n’a oublié personne. Lorsque Jeanne Mas revient effectivement sur scène, elle est émue et le public chante avant qu’elle ne commence, semblant l’encourager. La nostalgie joyeuse est donc fortement présente dans ces deux scènes : le public ne l’a pas oubliée, il est content qu’elle soit revenue et chante pour l’encourager. L’effet de réel provoqué par l’apparition de la chanteuse accroit la nostalgie du public qui, heureux de la revoir, chante avec elle et démontre son succès encore aujourd’hui.

Si l’idée n’était pas de faire un film moqueur ou sur la vie privée des chanteurs, certains d’entre eux y font des références avec beaucoup d’autodérision. C’est notamment le cas de Jean-Luc Lahaye : diverses scènes font allusion à ses procès pour pédophilie. Par exemple, lorsqu’il demande à une jeune fille quel âge elle a, en ajoutant tout de suite après qu’il rigole et qu’il s’en fout, il est en permanence entouré de filles très jeunes. Ces insertions d’éléments contextuels dans le film et le fait que ce soient les chanteurs réels peuvent amplifier la nostalgie par l’effet de réel saisissant.

Conclusion

            Dans ce travail, nous avons analysé le film Stars 80 à l’appui de deux approches théoriques : l’effet de réel selon Glevarec et la nostalgie joyeuse selon Chris Tinker.

L’analyse des points de vue des producteurs du film, de la presse ainsi que du public, nous a permis de constater que le film a été créé en jouant sur la nostalgie. Il peut provoquer de la nostalgie joyeuse pour les fans des années 80 et cet aspect est relevé également par la presse, même lorsqu’une critique est négative.

L’analyse des scènes de Stars 80 nous a montré qu’il existait divers caméos tout au long du film. Ces apparitions de personnages réels dans le film ainsi que de leurs chansons originales ont permis aux spectateurs d’être plongés dans l’univers des années 80, qu’ils ont connu ou qu’ils auraient aimé connaitre. Comme nous avons pu le voir via l’analyse de certaines scènes, l’effet de réel est donc clairement présent et a amplifié l’effet de nostalgie joyeuse décrit ci-dessus. Aussi, nous pouvons aller plus loin, dans une moindre mesure, en émettant l’hypothèse que les spectateurs ayant assisté à la tournée RFM Party 80 ont pu être nostalgiques de la tournée en regardant le film Stars 80 puisque le temps de diffusion du film a suivi de très près celui de la tournée réelle qui est à la base du film.

Afin de répondre à notre problématique, nous pouvons dire, grâce aux éléments analysés, que l’effet de réel a amplifié la nostalgie dégagée par le film et a provoqué son succès. Succès qui a ensuite engendré l’idée et la création de la tournée Stars 80 qui parcourt encore les salles depuis 5 ans. Le succès est d’ailleurs toujours au rendez-vous puisqu’une suite du film, Stars 80, la suite, est sortie fin 2017.

Bibliographie

Béglé, Jérôme, « Le Tout-Paris fait un triomphe à “Stars 80“ », in Le Point [en ligne], publié le 20/10/12, in http://www.lepoint.fr/cinema/le-tout-paris-fait-un-triomphe-a-stars-80-20-10-2012-1519109_35.php, consulté le 09/05/18.

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Grainge, Paul. MONOCHROME MEMORIES: Nostalgia and Style in 1990s America, 2002, thèse, University of Nottingham, http://eprints.nottingham.ac.uk/12833/1/313203.pdf , consulté le 14/05/18.

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Site Allociné, « Stars 80 – Critique spectateurs », in http://www.allocine.fr/film/fichefilm-180270/critiques/spectateurs/, consulté le 14/05/18.

Stars 80, réalisé par Frédéric Forestier et Thomas Langmann, 2012.

Tinker, Chris,« Âge tendre et têtes de bois: Nostalgia, televisionand popular music in contemporary France » in French Cultural Studies, 2012, volume 23/3, pp. 239-255 in http://journals.sagepub.com/toc/frca/23/3 , consulté le 09/05/18.

[1] Tinker, Chris, «Âge tendre et têtes de bois: Nostalgia, television and popular music in contemporary France » in French Cultural Studies, 2012, volume 23/3, pp. 239-255 in http://journals.sagepub.com/toc/frca/23/3 (consulté le 09/05/18).

[2] Glevarec, Hervé, « Trouble dans la fiction. Effets de réel dans les séries télévisées contemporaines et post-télévision » in Questions de communication [en ligne], n°18, 2010, http://questionsdecommunication.revues.org/405, consulté le 09/05/18.

[3] Glevarec, Hervé, Op.cit., p. 218.

[4] Ibid., p. 218.

[5] Ibid., p. 218.

[6] Ibid., p. 230.

[7] Ibid., p. 231.

[8] Lepa Steffen, Tritakis Vlasis, « Not every vinyl retromaniac is a nostalgic – a social experiment on the pleasures of record listening in the digital age », 2016, in https://www.researchgate.net/publication/311101365 , consulté le 14/05/18.

[9] Hypothèse 1 : les auditeurs sont attirés par le vinyle par rapport au son diffèrent des autres supports. Hypothèse 2 : les auditeurs sont attirés par le vinyle car ils peuvent aujourd’hui être mis en interaction avec les supports technologiques. Hypothèse 3 : les auditeurs sont attirés par le vinyle car l’objet leur rappelle leur passé. Hypothèse 4 : les auditeurs sont attirés par le vinyle car ils découvrent un objet et un outil (le vinyle et le tourne disque) qu’ils n’ont pas connus.

[10] Grainge Paul. MONOCHROME MEMORIES: Nostalgia and Style in 1990s America, 2002, thèse, University of Nottingham, http://eprints.nottingham.ac.uk/12833/1/313203.pdf (consulté le 14/05/18).

[11] Davis, Fred Yearning for Yesterday: A Sociology of Nostalgia. New York: Free Press, 1979, cité dans Grainge Op. cit.

[12] Dossier de presse du film Stars 80 [en ligne], in https://medias.unifrance.org/medias/53/78/85557/presse/stars-80-dossier-de-presse-francais.pdf, consulté le 09/05/18.

[13] Ibid.

[14] Ibid.

[15] Béglé, Jérôme, « Le Tout-Paris fait un triomphe à “Stars 80“ », in Le Point [en ligne], publié le 20/10/12, in http://www.lepoint.fr/cinema/le-tout-paris-fait-un-triomphe-a-stars-80-20-10-2012-1519109_35.php, consulté le 09/05/18.

[16] Blondeau, Romain, « Stars 80, une comédie lourde et indigeste », in Les Inrocks [en ligne], publié le 23/10/12 in https://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/stars-80/, consulté le 09/05/18.

[17] Ibid.

[18] Site Allociné, « Stars 80 – Critique spectateurs », in http://www.allocine.fr/film/fichefilm-180270/critiques/spectateurs/, consulté le 14/05/18.

[19] Thomas Langmann in Dossier de presse du film Stars 80, op.cit.

[20] Ibid.

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