« The Artist » ou comment filmer la nostalgie

Par GIANCOLA FILIPPO (Université Catholique de Louvain)

Sortant d’un cursus en « Arts du spectacle » dans un école de cinéma (INSAS) et ayant eu des cours d’analyse de l’esthétique cinématographique, il était évident pour moi de réaliser ce dossier en partant du septième art. Malgré le vaste choix de films axés sur la nostalgie, un a particulièrement retenu mon attention : The Artist.
En effet, si le film ramène à une première forme de nostalgie du passée, via son esthétique tendant à rendre « hommage » au cinéma muet, il procure un second sentiment nostalgique via le thème et sujet abordé.
A l’appui d’une séquence bien précise, je vais tenter de montrer de quelle manière l’histoire et la forme d’un film peuvent « s’imbriquer » pour faire naitre un sentiment, renforcé, de nostalgie chez le spectateur.

Introduction et synopsis de The Artist 

Hollywood, années 20. Le cinéma muet est à son apogée et les vedettes du grand écran y mènent la belle vie. Entre tournages et soirées mondaines, George Valentine, interprété par Jean Dujardin, est au sommet de sa gloire. Excellent dans chacun de ses films, véritable idole, rien ne peut l’arrêter…enfin presque. Créant une réelle révolution cinématographique, le cinéma parlant va tout modifier. Au début peu pris au sérieux, il ne lui faudra que quelques productions pour faire oublier définitivement le cinéma muet. Parmi les star-movies, nombreuses sont les victimes n’ayant pas su s’adapter. Valentine en fait partie. The Artist nous raconte la vie d’un homme se réfugiant dans son passé pour fuir le futur.
Comment aller de l’avant, si pour soi, seul le passé est synonyme d’idéal?

Ce film de Michel Hazanavicius, sorti en 2011, est un film inspiré, dans la forme, du cinéma muet. Il a rencontré un réel succès tant auprès du public qu’auprès de la critique, remportant plus de 50 récompense à travers le monde[1].

Que signifie un film comme The Artist en 2011? Peut-on expliquer un tel succès par le fait qu’il soit sorti au bon moment, en rappelant, avec des thèmes du passé (crise du cinéma muet), des thèmes très contemporains? Y a-t-il une mise en parallèle envisageable entre le sujet abordé dans ce film et ce que nous vivons aujourd’hui?
Le canadien Fred Davis avait déjà fait ce type d’analyse pour les films « rétro-chic » sorti à la fin des années 70 en Amérique[2].
Il explique notamment que cette vague de film ont eu un tel succès à ce moment car la crise de 76 venait de frapper l’Occident. Le présent étant assez noir, les gens ont accueilli à bras ouvert ces films qui se déroulent dans les années 50, époque prospère pour les USA. Comme une sorte d’échappatoire « nostalgique » pour oublier un peu la réalité.
Dans le cas de « The Artist », c’est un peu différent car le film tourne tout de même autour de la crise du cinéma muet et de certains de ses acteurs. Un parallélisme est directement faisable entre cette période et notre période de crise qui dure depuis 2008. La comparaison est assez évidente car au final le film montre une personne en difficulté, situation dans laquelle se trouvent de plus en plus de gens à travers le monde…surtout depuis 2008.

Problématique

Peut-on filmer la nostalgie mais surtout comment être capable de la transmettre à l’écran? Pour répondre à cette question, j’ai décidé de me concentrer sur la séquence du « Hall d’escalier ». Le moment où George Valentin rencontre pour la deuxième fois Peppy Miller.[3] C’est une séquence charnière[4] du film qui marque la transition entre la première partie, qui est celle où George Valentin est au sommet de sa gloire, et la deuxième partie, qui est celle où ce dernier est sur le déclin et voit de manière impuissante Peppy Miller faire une ascension fulgurante dans le cinéma parlant. Cette séquence unit la nostalgie liée  à l’esthétique de The Artist (Noir&Blanc, cinema muet,…) et la nostalgie qui se dégage du film via l’histoire que vit le personnage principal.

Méthodologie

Dans un premier temps et pour bien voir à quels niveaux la nostalgie est présente dans The Artist, je ferai un analyse globale du film en me basant les concepts de « Nostalgie réflexive et restauratrice » de Svetlana Boym.

Ensuite, une analyse de l’histoire et de l’esthétique du film sera faite afin d’en comprendre sa construction mais aussi de déceler toutes les caractéristiques qui font que ce film « transmet » un sentiment de nostalgie au public. La dernière partie du dossier est  celle de l’analyse de la séquence du »Hall d’escalier », servant à montrer comment le fond et la forme du film arrivent à se compléter pour renforcer cet aspect de nostalgie.

A. The Artist. Un hommage au cinéma muet?

A priori, on pourrait penser qu’un film rendant « hommage à…. » se situerait dans une démarche de nostalgie réflexive, voulant proposer dans le présent, une certaine vision du passé. La notion de nostalgie réflexive, se différenciant de la nostalgie restauratrice, a été pensée par Svetlana Boym, qu’elle explicite dans son ouvrage « The Future of Nostalgia ». Celle-ci n’est pas axée sur une idée de restauration du passé à l’identique mais joue plutôt sur le désir qu’une personne peut avoir à se replonger dans le passé pour le confronter au présent. On est plus dans une démarche réflexion et de remémoration de souvenirs[5] que dans une démarche de reconstruction de quelque chose de révolu.

Voici un exemple de film axé sur la nostalgie reflexive, et qui servira à introduire l’analyse de The Artist —> Comparons le avec le film Juha de Aki Kaurismaki, qui est un film muet, Noir & Blanc, sorti en 1999. Celui-ci reprend plusieurs codes du cinema muet mais les « transposent » à l’époque actuelle. Pour mieux m’expliquer, Juha a la forme d’un « film muet », mais avec une histoire (un scénario) qui se déroule dans les années 60/70. On est donc bien dans une nostalgie réflexive, qui rend hommage au cinéma muet en proposant un autre regard sur ce style. Kaurismaki confronte le passé avec le présent via le cinéma, en proposant une oeuvre muette dans une époque où ce style de films n’est plus d’actualité.

Le résultat de Juha fait fort penser à du « cinema expérimental », au final assez peu accessible au grand public. On se rend compte que techniquement et technologiquement le cinéma a tellement évolué, qu’un retour en arrière dans les années 1910-1920 n’est pas, voir peu, envisageable. C’est du moins mon avis personnel.

Dans  The Artist, nous sommes dans une autre approche. Certes le film est aussi de type muet, mais dans ce cas on est pas dans une nostalgie réflexive[6], mais peut être plutôt  dans une restauratrice. J’entends par « nostalgie restauratrice », cette envie de restaurer, à l’identique, le passé et son univers. La nostalgie restauratrice, souvent utilisée à des fins politiques, a pour but de reconstruire le passé en tentant de faire abstraction de tous les points négatifs qui composaient celui-ci[7]. L’idée est justement que l’on ait une image belle  de celui-ci et encore plus « enviable ».The Artist se retrouve dans certains de ces critères.

The Artist , contrairement à Juha , est un film qui, sur la forme est un film de type « muet », comme ceux des années 20, mais l’est également au niveau de l’histoire représentée. Le film se déroule à cette époque là, dans des décors des années 20, avec une intrigue qui est propre aux années 20, etc… Il aurait très bien pu sortir vraiment à la fin des années 20. On est dans la reproduction à l’identique, de ce style de film, on peut donc penser à une restauration du passé assez poussée, sans faire aucun lien « directement » apparent avec le présent. On verra après qu’il y en a tout de même, ne serait-ce que dans certains intentions.

Autres remarques, concernant la nostalgie restauratrice et « la reproduction d’un passé sans défaut », est que dans The Artist , plusieurs faits liés au années 20 ont été enlevés pour rendre le tout plus beau et plus propre. Par exemple, on remarque que le passage du cinéma muet au cinéma parlant se fait de manière fluide, instantanée et sans souci.. c’est évidement faux car au début très peu de salles de cinéma étaient équipées d’un système de sonorisation. La transition fut moins « spectaculaire » et plus complexe que celle montrée dans le film. Une deuxième remarque est que l’on voit George Valentine et Peppy Miller se reconvertir dans le cinéma Musical/claquettes pour renouer avec le succès. Or, on sait que ce style de cinéma n’arrivera que timidement vers 1929[8], pour ensuite réellement évoluer dans les années 30. Si dans la temporalité de « The Artist », on est bien dans ces années là, cela vaut dire que le Krack boursier de 1929 a complément été écarté de l’histoire. Or, on sait que les dégâts qu’il a fait en Amérique ont été assez violents et ne passent pas inaperçus.

Peut-on néanmoins parler, complètement, d’une nostalgie restauratrice, ou simplement d’une « euphémisation » de celle-ci? Avec The Artist, on fait un saut dans le temps pour revenir aux films de l’âge d’or d’Hollywood. Le fait n’était pas tant de parler de tous les problèmes survenus à la fin des années 20 mais plus de se concentrer sur cette période de l’histoire du cinéma pour réaliser cette oeuvre. Période prospère mais de transition à la fois car pendant ces années là, le cinema passe du muet au parlant. Cette évolution technologique n’est pas sans rappeler ce qui arrive aujourd’hui dans l’industrie cinématographique, avec une transition vers cinéma 3D qui s’opère depuis plusieurs années. On peut aller encore plus loin dans le raisonnement en mettant en parallèle  la transition cinema muet/parlant à celle qui a marqué le début des années 2000 avec le passage du cinema argentique au cinéma numérique[9]. Peut-on donc supposer que Hazanavicius ait voulu expressément réaliser un film sur cette période de l’histoire du cinéma pour faire un rapprochement avec les changements qu’ils se passent actuellement dans le septième art? Cela reste une supposition.

Michel Hazanavicius dira dans une interview datant de 2011, que quand il a écrit The Artist, il n’était pas du tout dans l’optique de rendre hommage au cinéma des années 20. Son seul but était de faire un film muet… juste par plaisir. Il dit aussi que le fait que le film soit, dans la forme et dans le sujet marqué années 20, sert à ce que le public puisse mieux accepter un film muet.

« C’est beaucoup plus simple pour les gens d’accepter de voir un film muet, noir et blanc, si le sujet lui même est un acteur de l’époque où les films se faisaient en noir et blanc. Il y avait une connexion évidente entre le sujet et la forme qui traite le sujet ».[10]                                

 On entend au final, avec ces déclarations que Hazanavicius n’a pas pour première intention d’être dans une démarche de nostalgie restauratrice. Il a juste utilisé le prétexte d’écrire un scénario sur un acteur, des années 20, en perte de vitesse pour illustrer un film réalisé avec le style ces années-là. C’est plutôt une démarche mise en place pour que The Artist  soit plus «regardable et passe mieux » auprès du grand public, plutôt qu’une réelle volonté de reproduire « à l’identique » un film muet dans le fond et la forme.

B. Analyse esthétique et de l’histoire. George Valentin : Quand le personnage principal est lui même nostalgique 

 

Comme expliqué précédemment, l’histoire principale du film est celle d’un acteur en déclin (George Valentin) n’acceptant pas le futur et la venue du cinéma parlant.

Le film se divise en trois parties.

—>La première est celle où George Valentin a beaucoup de succès grâce au cinema muet. Tout va bien pour lui.
—>La deuxième est celle où il est déjà sur le déclin à cause de l’arrivée du cinéma parlant. Il refuse de quitter le muet et n’accepte pas de passer au parlant. Il continue à produire des films muets jusqu’à ce qu’il « tombe dans l’oubli » et perde tout ce qu’il a. En parallèle, il observe impuissant la montée fulgurante de la jeune actrice Peppy Miller qui devient une icône du cinéma parlant. A l’inverse de George Valentin, elle n’avait pas de succès dans le cinéma muet. Leurs chemins se croisent.
—>La troisième est la partie où les deux acteurs se reconvertissent dans le cinéma music-hall et trouvent le succès ensemble.
C’est la deuxième partie qui nous intéresse le plus dans le cadre de ce dossier. On y voit plusieurs séquences où George Valentin repense à l’époque où il était encore une vedette et regrette le passé. Frustré par cette situation, il refuse d’aller de l’avant et de s’adapter au cinéma parlant. Le personnage a, entre autres, été inspiré par la vie de Max Linder, acteur français n’ayant pas su se reconvertir dans le cinéma parlant.
Toute l’histoire tourne autour d’une personne regrettant le passé et s’enfermant dans celui-ci car insatisfait du présent et de ce que présage le futur. Ce thème est la manière la plus direct pour amener la nostalgie à l’écran. En tant que spectateur, on peut s’identifier très rapidement à George Valentin car on arrive à transposer son histoire et son sentiment de « nostalgie », en notre propre histoire. On a une certaine empathie pour le personnage  ce qui nous permet de ressentir son malêtre et son désir « impossible » de revenir dans le passé.[11]

En analysant une séquence bien précise du film, je vais tenter de montrer comment le« sentiment de nostalgie » a été rendu visible à l’écran et plus particulièrement via George Valentin.

Analyse de l’esthétique du film

Avant d’entrer dans l’analyse de la séquence des escaliers, il serait intéressant de voir en quoi l’esthétique même de The Artist fait lien avec le passé, en reprenant certains codes de production du cinéma des années 20.

Pour citer quelques caractéristiques, on a :

  • pas de sons directs (sauf à la toute fin et pendant la séquence du cauchemar de Valentin).
  • le film est en Noir et Blanc, avec un éclairage travaillé façon film N&B, donnant beaucoup de contraste à l’image.
  • On retrouve les codes de narration du cinéma muet avec des cartons pour donner quelques dialogues aux personnages.
  • Le jeu des acteurs est inspiré de celui des stars de l’époque comme John Gilbert, Rudolph Valentino, Louise Brooks ou Pola Negri, avec beaucoup d’expressions faciès pour accentuer les émotions.
  • La bande originale est assez marquée « cinéma d’époque » avec des références musicales comme celle au film « Vertigo» composée par Bernard Hermann. Ce n’est pas de la même époque, mais on sent néanmoins une volonté du réalisateur d’aller puiser dans le passé pour composer son film. Les autres musiques présentesdans le film sont néanmoins très marquées années 20, avec des compostions rappelant celles de films comme « The Kid » ou « The Gold Rush » de Charlie Chaplin.

On comprend via tous ces éléments le registre dans lequel le projet se trouve. Un film comme « The Artist » tend à être nostalgique ne serait ce que dans son « style » inspiré du cinéma muet des années 20. Le fait de vouloir refaire un film similaire à ceux qu’on faisait dans le temps est comme un retour aux sources du cinéma, un retour en arrière le temps d’un projet. C’est une expérience qui réunit passé et présent, où la nostalgie peut se trouver tant chez le réalisateur qui refait un film avec les caractéristiques de l’époque, que pour nous, spectateur, qui nous nous offrons un « saut » dans le passé en allant voir cette oeuvre.

C. Analyse de la séquence du « Hall d’escalier »

Dans cette séquence George Valentin découvre que sa maison de production, Kinograph, va se lancer dans les films parlants. Cela signifie qu’il sent qu’il sera de plus en plus mis sur le côté. En quittant les bureaux de son producteur, il croise dans le hall, Peppy Miller, jeune actrice excellant dans le cinéma parlant qui lui annonce qu’elle vient de signer chez Kinograph. Au début du film, on voit Valentin, lui donner quelques conseils pour réussir dans le cinéma.. maintenant c’est Peppy Miller qui lui donne les conseils. [12]

Dans cette séquence, on remarque que la position des deux acteurs est significative. Comme on peut le voir sur cette capture d’écran, c’est un plan large où Peppy Miller est positionnée plus haute que Valentin. On sent là que le rapport de force s’est inversé avec d’un côté Valentin qui est sur le déclin et Peppy qui est en pleine ascension (haut des marches).(image ci-dessous https://www.youtube.com/watch?v=cbG00HbQ014)

C’est un moment crucial du film qui montre que Valentin se rend compte que son futur ne sera pas aussi radieux que son passé. On sent déjà chez lui un premier signe de « regret de sa belle époque ».
Le deuxième élément important qui sert à transmettre ce sentiment de nostalgie, se trouve dans le jeu et les expressions de Jean Dujardin. Peppy Miller lui parle toute la séquence et Valentin fait mine d’écouter. On sent dans son regard qu’il est complètement perdu dans ses pensées et qu’il n’écoute rien de ce que dit la jeune actrice. On peut émettre l’hypothèse qu’il repense au passé et à ce moment où c’est lui qui donnait les conseils. Une sorte d’incompréhension, de désillusion mais aussi d’impuissance se lisent sur son visage… ce cocktail d’émotions laisse suspecter un sorte de nostalgie naissante chez notre personnage principal.(Image à gauche https://www.youtube.com/watch?v=cbG00HbQ014)

 

 

 

 

 

 

La séquence se conclut sur un plan très large où l’on voit George Valentin complètement seul dans ce hall. L’image n’a pas besoin d’être commentée tellement elle est forte. On ressent subitement la solitude, la sensation d’abandon et de déclin qu’est en train de vivre le personnage. Cette situation transmet un sentiment de nostalgie car comme il peut arriver en période de déclin, on repense (et parfois regrette) les beaux jours.[13] (image en haut à droite)
Dans la musique de cette séquence quatre instruments ressortent par rapport aux autres : le violon, le piano, la flûte (ou autre instrument à vent similaire) et la harpe. Dans un premier temps, elle est plutôt gaie et chargée d’espoir. Elle colle parfaitement à l’émotion que ressent Peppy Miller en annonçant à Valentin qu’elle vient de signer chez Kinograph. Cela permet de renforcer le coté « happy » et plein d’espoir qu’a la jeune actrice, pour qui le futur s’annonce radieux. Cela creuse, également, d’avantage l’écart entre elle et Valentin qui, lui, n’est pas dans cette situation.
A un moment donné, intervient le piano, l’air devient un peu moins joyeux. La musique transmet comme un sentiment de « Blues », de tristesse des beaux jours. Elle correspond à ce que ressent Valentin à ce moment là en repensant à son passé et présageant un futur compliqué.
C’est l’ensemble de ces éléments qui fait que la séquence, dans sa globalité, suggère le sentiment de nostalgie recherché.
On voit via cette séquence comment le fond et la forme d’un film arrivent à s’emboîter pour transmettre mais surtout renforcer un sentiment de nostalgie.

Conclusion

On voit avec The Artist que la nostalgie se situe sur plusieurs niveaux, tant dans l’esthétique, qu’au niveau de l’histoire. Le film permet de faire plusieurs rapprochements à diverse situations que l’on vit actuellement. Par exemple, le passage du cinéma muet au parlant rappelle la période que nous vivons depuis quelques années, avec l’évolution du cinéma « numérique » qui tend à devenir de plus en plus 3D.
Un autre rapprochement est faisable avec la période actuelle, et qui fait sens avec la pensée de Fred Davis. Pour rappel, celui fait le lien entre le succès des films axés sur la nostalgie et les périodes de crise.[14] Voila ce qui explique, peut être, une des raison du succès de The Artist, qui sort en plein période de crise économique, débutée en 2008.
« The Artist » fait du bien et apporte du réconfort, car à la fin, il y a tout de même un Happy end avec une bonne situation. C’est porteur d’espoir pour les spectateurs qui vont voir le film et c’est peut être cet aspect positif du film qui accentue encore l’effet nostalgique englobant cette oeuvre signée Hazanavicius.

Références

[1] https://www.imdb.com/title/tt1655442/awards?ref_=tt_awd

[2] Paul Grainge, Monochrome memories. Nostalgia and Style in retro America. Pg 64-67

[3]  Séquence du Hall d’escalier : https://www.youtube.com/watch?v=cbG00HbQ014 —> min 34

[4] Séquence du Hall d’escalier : https://www.youtube.com/watch?v=cbG00HbQ014–> min 34

[5] « Le passé n’est pas ce qui n’existe plus, mais est quelque chose qui peut agir, en s’insérant dans le présent… présent dans lequel il tire sa vitalité. » Boym, Svetlana « The Future of Nostalgie » (2001)

[6] Conception de la nostalgie mise au point par Svetlana Boym dans son outrage « The Future of Nostalgia »(2001)

[7] Cette idée est reprise du document « Entre mémoire nationale et mémoire familiale.
Les films de la vague sépia sous la France de Nicolas Sarkozy » de Sebastien Fevry. Dans Son analyse de la nostalgie présente dans le cinéma sépia, il s’appuie sur une définition de Svetlana Boym qui dit que « Dans la nostalgie restauratrice, le passé n’est supposé présenter aucun signe de déclin ou de décadence ; il doit être fraîchement peint dans son ‘image d’origine’ et rester éternellement jeune » Boym Svetlana, The Future of Nostalgie, op., cit p49

[8] Donnée tirée de plusieurs sources. Premièrement, celle du site spécialisé https://www.mymovies.it. Deuxièmement, de part les cours d’histoire du cinéma et d’esthétique du cinéma que j’ai suivi lors de mon Master à l’INSAS, la date 1929 revient assez fréquement pour définir le « début » du cinéma type « Musical ».

[9] https://www.senscritique.com/liste/L_Histoire_technique_du_Cinema/53746 Le film Vidocq de Pitof est considéré comme étant le premier film tourné entièrement en numerique.

[10] Hazanavicius Michel. Propos repris d’une Interview donnée dans le cadre de la promotion de The Artist dans un magasin Fnac de Paris. 2011. (https://www.youtube.com/watch?v=pzkI-nV1cKI)

[11] Pour prendre un exemple concret : mon père était photographe dans les années 90, début 2000. Avec le passage au numérique, il n’a plus su exercer son travail car il n’a pas su s’adapter à cette nouvelle forme de photographie. Depuis ce moment là, il vit toujours avec un gout d’amertume et de regret de cette époque où il vivant de sa passion. Pour rapprocher son histoire à celle de G. Valentin, lui non plus ne croyait pas qu’une évolution comme l’apparition du numérique puisse changer quoi que ce soit dans le monde de la photo.. On sait ce qu’il en est aujourd’hui. En voyant « The Artist », j’ai tout de suite eu de l’empathie pour Valentin car en lui je voyais mon père qui se trouvait dans la même situation mais à une autre époque. Je me suis vu envahi de nostalgie en pensant à cette situation que j’ai aussi vécue, indirectement, via la vie de mon père. L’effet est d’autant plus « absolu » et renforcé chez quelqu’un qui à lui même vécu cette situation (comme pour père lui même).

[12] séquence du « Hall d’escalier » https://www.youtube.com/watch?v=cbG00HbQ014 —> 34min

[13] Pour resituer le terme Nostalgie, il vient du grec « Nostos » et « Algos » qui signifie de manière résumée le « retour à la patrie », c’est à dire un retour à la maison, retour dans sa zone de confort (censé être agréable). Pour George Valentine, sa « zone de confort » est le cinema muet. Quand les films parlants arrivent, on voit dans The Artist qu’il n’arrive pas à s’adapter et par conséquent, que le désir à cette zone de confort nait tout doucement. Fred Davis parle notamment des films américains « retro-chic »qui sont sortis pendant la crise de 1976.

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