La série télévisuelle « 22.11.63 », vraiment pour les nostalgiques?

Par Jérôme Segers et Pierre Delfosse (Université Catholique de Louvain)

Présentation et contextualisation

11.22.63 est une série télévisée américaine basée sur le roman éponyme de Stephen King. La date fait référence à l’assassinat de J. F. Kennedy le 22 novembre 1963 à Dallas. Elle est constituée de 8 épisodes dont la durée varie entre 42 et 57 minutes. Elle fut diffusée en 2016 aux Etats-Unis mais également dans d’autres pays dont la Belgique (sur Betv), en France (sur Canal +) ou encore au Québec (sur Prise 2). La série a été produite par J.J. Abrams et Joseph Boccia et réalisée par Kevin MacDonald. Ce n’est pas la première fois que ce dernier s’inspire de romans pour les mettre en images. Notamment dans « le dernier roi d’Écosse » où il s’était inspiré du livre de Giles Foden.

La série télévisée a été bien accueillie par le public qui lui a par exemple donné une note moyenne de 8,8 sur le site Allociné.fr. Il s’agit d’une référence dans le domaine des films ou séries télévisées qui abordent le thème du voyage spatio-temporel.

Synopsis:

Jake Epping est professeur d’anglais dans le Maine. Il fréquente régulièrement le bar d’Al Templeton avec qui il entretient un lien amical. Un jour, alors qu’il consomme dans le snack, il voit la santé de son ami se décliner en quelques instants lorsque celui-ci revenait de l’arrière-boutique. Il se verra alors obligé de révéler la vérité à Jake: dans le local du snack se trouve un portail spatio-temporel permettant d’arriver en 1960. C’est là que Al a contracté un cancer du poumon. Son but était de retourner dans le passé afin d’éviter l’assassinat de J. F. Kennedy et, par extension, d’éviter la guerre du Vietnam et toutes ses conséquences. N’ayant plus la force de continuer son combat, il va demander à Jake de réaliser la mission à sa place.

Dans cette fiction, il existe trois règles lors d’un retour dans le passé. Tout d’abord, quelle que soit la durée du voyage, il ne durera que 2 minutes dans la vie « réelle ». Ensuite, « le passé résiste aux changements de manière proportionnelle à l’importance de celui-ci ». Enfin, dès que l’on retourne dans le passé, cela annule les conséquences des voyages précédents.

 

Problématique et approche théorique

1.Problématique

Le mot « nostalgie » peut être utilisé de manière redondante. Dans le langage courant, il est souvent utilisé pour exprimer une affection particulière vers un objet du « quotidien »,  une philosophie de vie ou encore une décennie particulière comme les années 60, par exemple. Ces « objets » esthétiquement nostalgique ou interprétés comme tel sont associée à une époque plus ou moins lointaine et souvent non contemporaine de son utilisateur lui-même. Dans la série télévisée qui nous occupe, les téléspectateurs pourraient se méprendre sur les intentions du réalisateur, ils pourraient penser que l’esthétique est au service d’un sentiment nostalgique. Le réalisateur souhaite-il vraiment partager son sentiment nostalgique avec le public en utilisant une esthétique des années soixante? Telle était notre réflexion de départ avant de choisir un objet précis. Notre choix s’est porté sur la série 22.11.63 .

Notre problématique est donc de savoir si la nostalgie est présente dans le premier et le dernier épisode de la série télévisée. Nous ne nous intéresserons autant aux scènes qui représentent la vie dans les années soixante que celles représentant le monde contemporain.

Nous avons fixé deux hypothèses à vérifier:

Premièrement, nous postulons qu’une nostalgie est présente au sein même de la diégèse et qu’elle transparaît à travers les choix esthétiques de la production. Ensuite, en analysant le contexte de diffusion, la série soulève une forme de critique de la nostalgie restauratrice.

2. Approche théorique

Afin de répondre aux questions posées précédemment, il est essentiel de définir plus concrètement les différents concepts qui seront traversés.
Le premier élément de théorie à définir est la nostalgie. Ce concept est associé étymologiquement à l’état de mal-être des mercenaires suisse parti en campagne loin de chez eux. Il s’agit donc d’une volonté de retour à la patrie, à la source. Le terme fut inventé par le médecin Johannes Hofer en 1688. Depuis, la définition à évoluée. Elle est dorénavant bien plus souvent associée à un « regret d’une chose, d’un état, d’une existence, d’un désir insatisfait »[1] que l’on peut avoir connu ou non.
Pour cerner un peu plus le concept de nostalgie, il est important aussi de comprendre ce qu’est la nostalgie restauratrice. Également appelé « mémoire restauratrice », elle correspond à la mémoire culturelle liée, par exemple, à une communauté ou à un pays.

Le concept d’uchronie qui est à la source du récit de la série télévisuelle  22.11.63  est défini pour la première fois par Charles Renouvier, il s’agit du fait de raconter l’histoire tel qu’elle aurait pu se passer. Dans “Uchronie” (1876), Charles Renouvier établit la matrice de ce qui deviendra l’histoire contre-factuelle. Nourri d’une critique du kantisme qui le rapproche des travaux des pragmatistes américains comme William James ou John Dewey, cet ouvrage tâche de produire une forme inédite de véracité historiographique dans laquelle entre aussi la littérature. L’histoire « telle quelle sest réellement passée » le cède à l’histoire telle qu’elle aurait pu, sinon due, se passer. Ce faisant, Renouvier tente à sa manière de conjurer le spectre d’une guerre civile que l’héritage problématique de 1789 a selon lui laissé planer sur tout le XIXe siècle.[2]

 Enfin, les deux dernières approches théoriques et certainement les plus importante de notre analyse : les concepts d’utopie et de dystopie. L’utopie est un concept imaginaire d’un système de société idéalisé. Elle est pour la plupart des cas liés à d’anciennes cités où l’association de l’abondance et de la tranquillité pouvait fournir aux hommes un bonheur complet[3]. D’autre part, à son opposé, il existe la dystopie. Elle est une utopie qui vire au cauchemar[4]. Le mot utopie est issu de l’écrivain Thomas More. Il désigne la représentation non réaliste d’une société idéale. Le terme est polysémique et peut, plus globalement, signifier une réalité difficilement admissible.

Méthodologie

 Après un visionnage complet de la série, notre corpus est constitué de l’entièreté des scènes du premier et du dernier épisode. Nous avons fait ce choix dans le but d’analyser l’évolution du traitement de la nostalgie du premier épisode par rapport au dernier. Nous avons utilisé une grille d’analyse divisée en 3 catégories :

– Analyse contextuelle : nous nous sommes également intéressés au contexte de diffusion du livre et de la série. Nous avons recueilli des informations sur l’auteur, les producteurs et les chaînes. En outre, nous avons analysé le contexte socio-politique à la date de sortie du livre et de la série.

– Analyse esthétique : nous nous intéressons à tout ce que le spectateur perçoit lorsqu’il regarde la fiction. Les couleurs, le décor, la musique sont autant d’éléments que nous avons jugé dignes d’intérêt dans le cadre de notre travail. Ceux-ci peuvent nous donner des indications sur la présence, ou non, de l’effet nostalgique.

– Analyse sémiolinguistique : les dialogues sont porteurs d’indices permettant de déceler un sentiment nostalgique.

 

Analyse

 

Plus d’un demi-siècle après l’assassinat de J. F. Kennedy, les États-Unis d’Amérique cherchent encore à comprendre ce fait majeur de l’histoire. La mort de leur président entraîne la fin d’une époque. En effet, alors que la Seconde Guerre mondiale s’est achevée, que les puissances développées multiplient les échanges internationaux et que la guerre au Vietnam n’a pas encore eu lieu, les États-Unis, sûrs de leur puissance, sont en pleine phase de croissance. Ce sont les trente glorieuses.

Aujourd’hui encore, les théories du complot foisonnent sur la toile. Les documentaires, films et séries sur le thème entourant l’assassinat de Kennedy sont légions. On peut en compter des dizaines et pour la génération des baby-boomers, la figure presque mythique du président JFK réveille la nostalgie d’une Amérique pré-Vietnam. Les objets ayant appartenu au 35e président des États-Unis, de ses plus jeunes années jusqu’à sa présidence, sont encore recherchés par les plus nostalgiques d’entre eux et se retrouvent encore en vente aux enchères[5]. Et cette « Kennedy Mania » ne semble pas prête de s’arrêter.

En novembre 2017, les archives concernant l’assassinat de Kennedy à Dallas auraient dû être déclassifiées. Pourtant, sous la pression des agences gouvernementales, le président Trump à postposé cette action, décevant une bonne partie des Américains qui, encore attachés à cette tragédie, souhaitent en connaître le fin mot.

1.Analyse contextuelle

Contexte de diffusion :

Nous avons constaté que le livre écrit par Stephen King et la série télévisée inspirée de l’ouvrage sont sortis dans des contextes particuliers.

Le roman fut publié en 2011, deux ans avant le cinquantième anniversaire de la mort du Président Kennedy. Sa sortie a réveillé tout le mystère qui entoure cette affaire car la mort du président n’est pas encore un sujet clos aux États-Unis. Le livre évoque également la glorieuse époque des années soixante. Après la crise financière de 2009, le peuple américain s’est rattaché aux périodes fastes de son histoire et en particulier à cette décennie qui est synonyme de bien-être. Il semblerait donc que le livre soit sorti dans un contexte favorable pour les éditeurs du roman.

Quand à elle, la série est sortie en 2016 et elle semble également avoir été diffusée dans un contexte favorable pour les producteurs.

En effet, six mois avant la diffusion de 22.11.63, Trump dépose sa candidature à la présidence des États-Unis. Le slogan « Make America Great Again » n’est pas nouveau et a déjà été utilisé par les présidents Reagan et Clinton en 1979 et 1992. Ce slogan popularisé à son paroxysme par Trump évoque directement la nostalgie et la promesse d’une Amérique grandiose comme elle l’était avant… sous Kennedy. La diffusion tombait donc à point pour des téléspectateurs parfois en recherche de ce sentiment nostalgique. Cependant, la série se termine par l’image d’un monde dévasté par ce retour dans le passé. Il semblerait que les producteurs veuillent mettre en garde les individus nostalgiques de cette époque en sous entendant que le retour à une amérique des années soixante pourrait être plus dévastateur que profitable.

En outre, la diffusion ne s’est pas faite sur n’importe quel média. Par exemple, la chaîne Prise 2 qui a diffusé la série télévisée est une chaîne spécialisée dans la diffusion de contenu médiatique nostalgique. Malgré que la série soit très récente, ils ont jugés qu’elle collait parfaitement avec leur slogan: « La chaîne des nostalgiques qui désirent revivre de bons moments de télévision au travers des émissions et des films d’antan ». Cela prouve bien que ce contenu plait aux téléspectateurs nostalgiques des années soixante et de l’époque de la présidence de Kennedy.

Le roman et la série télévisuelle sont comparables en ce sens qu’ils ont tous les deux jouis d’un contexte de diffusion favorable. Cependant, le contenu et la manière de traiter le sujet diffèrent d’un média à un autre. L’adaptation cinématographique n’est pas un transfert direct de l’oeuvre original littéraire à une oeuvre audio-visuelle. Il existe différentes contraintes à cette métamorphose : les contraintes esthétiques (comment le réalisateur s’imagine le récit par rapport à d’autres imaginaire, prendre compte de l’horizon d’attente), contraintes techniques (tout n’est pas peut-être pas réalisables : effets spéciaux, cascades, décor, financement,…) et  aussi lié à la fidélité de l’oeuvre originale. En outre, selon Francis Vanoye, une adaptation est vectrice de transfert historico-culturel. Cet auteur indique qu’il existe donc dans chaque adaptation, volontairement ou non, « un déplacement sociologique, historique et esthétique ». Une production, quelle qu’elle soit, une fois datée, transpose donc des éléments intrinsèques liés au contexte dans lequel elle est produite. Nous voyons donc que cette série télévisuelle ne déroge pas à la règle.

Contexte interne à la fiction :

« Et si Napoléon avait remporté la bataille de Waterloo? », « Et si Hitler avait réussi l’examen d’admission des Beaux-Arts de Vienne? », « Et si Kennedy n’avait pas été assassiné ? ». La notion d’uchronie dans la série 22.11.63 est l’un des éléments fondateurs sur laquelle repose tout le récit. Le propre même de l’uchronie historique ou expérimental est de questionner le passé et parfois le futur en terme, un peu simpliste, de bien ou de mal. Le recours à l’uchronie permet de prolonger la discussion, elle ouvre les possibles et permet  parfois une certaine forme de pédagogie. Hors de son contexte historique, dans la fiction, elle est un moyen d’alarmer, de dénoncer, de diffuser un message. Comme par exemple dans les oeuvres de « L’Ultime » de Christophe Barbier[6] ou encore « Weihnachtsabend » de Keith Roberts[7], qui démontre les dangers de l’extrémisme nazis avant et durant la Seconde Guerre mondiale.

Dans 22.11.63, l’uchronie se traduit par une volonté de l’auteur de se demander ce qu’aurait pu devenir le monde si Kennedy n’avait pas été assassiné. Cet assassinat est considéré comme un événement qui a changé le cours de l’histoire. En effet, Kennedy prévoyait de retirer les troupes du Vietnam et il souhaitait mettre en place un programme d’intégration raciale[8]. Les opposants à ces mesures avaient donc intérêt à ce que Kennedy quitte son poste de président. Nous pourrions spéculer sur le fait que si Kennedy n’avait pas été assassiné, l’arrêt de la guerre du Vietnam aurait permis de sauver beaucoup de vies et cela aurait permis à ce que le problème racial puisse se résoudre. Or, en regardant la fin de fiction, nous constatons que l’auteur met en scène un monde pire que celui que nous connaissons malgré le fait que le président Kennedy eut été sauvé.

À travers Al Templeton, l’un des personnages principaux, Stephen King semble vouloir façonner le monde à son image en revenant dans le passé. Il représente cette génération de baby-boomers nostalgique de cette époque.

2. Analyse sémiolinguistique

Sur base de l’analyse des dialogues entre les personnages, nous constatons la présence d’une forme de nostalgie. En effet, lorsque Al raconte le déroulement de la vie quotidienne de l’époque, il soutient que plusieurs choses étaient mieux avant : la nourriture, les prix, la paix et le plein emploi. Par sa détermination à faire l’apologie de ces divers éléments de l’époque, nous considérons que ce personnage ressent une forme de nostalgie restauratrice.

Dans l’extrait ci-dessous, Al Templeton affirme que « tout à meilleur goût ». À travers ce dialogue, le réalisateur montre que le personnage est nostalgique. Cependant, nous n’avons pas constaté de nostalgie dans les propos de Jake. Ce personnage n’est à la base pas demandeur de retourner dans le passé. À aucun moment il ne prétend avoir une quelconque attirance pour les années soixante et il ne paraît pas ressentir de sentiment nostalgique. Il réalise le souhait de Al, continue la mission de son aîné uniquement par amitié. Remettant en doute, à quelques reprises, le pourquoi de sa présence dans le passé.

 

3. Analyse esthétique

Lors de chaque retour dans le passé, un changement de colorimétrie est perceptible. Le réalisateur a choisi une coloration « pastel » pour faire référence aux années 60. La musique permet aussi d’ancrer le récit dans l’époque. Par exemple, dès l’arrivée de Jake Epping dans le passé, une voiture typique des années 60 passe devant lui avec la radio allumée diffusant “Stay” de Maurice Williams and the Zodiacs (1960)[9]. Les voitures, les bâtiments et plus globalement tous les éléments de décoration sont présents afin de légitimer le contexte spatio-temporel du récit. Ils ne peuvent être pris comme marqueurs de nostalgie. En effet, il ne serait pas possible de prétendre revenir dans les années soixante si les décors ne correspondent pas à l’esthétique de cette décennie.

 

 

Comparaison de colorimétrie : la photo de gauche fait référence aux années 60 et celle de droite au monde contemporain.

 

Il n’y a qu’une seule scène qui peut être considérée comme nostalgique. Lorsque Jake arrive dans le passé, il reçoit la l’opportunité d’enseigner l’anglais dans une école. Dans ce contexte, un bal scolaire est reproduit de façon très caricaturale. Ce qui frappe dans cette scène est l’obéissance des étudiants. Le réalisateur a choisi de ne pas intégrer les « bêtises » que font habituellement les étudiants dans ces circonstances : par exemple boire trop d’alcool ou fumer. Cette scène paraît idéalisée et nostalgique et semble signifier que “les jeunes de l’époque étaient plus sages”.

 

 

La dernière scène est un autre exemple d’une volonté du réalisateur de jouer sur la colorimétrie afin de transporter le téléspectateur d’une ambiance à une autre. En effet, la promesse d’Al de voir émerger un monde meilleur grâce au sauvetage de Kennedy ne se réalise pas. Il s’agit même du contraire, le monde est en ruine lorsque Jake revient de son périple dans le passé. En outre, comme Al avant lui, il en revient malade. Le choix esthétique de la réalisation fait écho de sa souffrance : Jake apparaît souffrant. Les couleurs deviennent grises et vertes afin d’accentuer le côté sombre de la destruction du monde et pour mettre en évidence le teint blafard de Jake.

Ce procédé avait déjà été utilisé par d’autres réalisateurs. Victor Fleming en 1939, utilisait la couleur noire et la couleur blanche dans l’intention de montrer le temps de la dépression américaine durant les années 30. En outre, dans «Bonjour tristesse », selon Ute Holl, professeur d’étude médiatique à l’Université de Bâle, dans son analyse “Nostalgia, Tinted Memories and Cinematic Historiography: On Otto Preminger’s Bonjour Tristesse (1958)” Otto Preminger joue également avec les couleurs noires et blanches afin de mettre en exergue une perception dépressive du temps présent. Il s’agit dans cette adaptation du roman de François Sagan, de distinguer, pour le spectateurs, les flashbacks et le temps présent grâce à la “technicolor” et d’en faire ressortir un sentiment nostalgique.

Dans 22.11.63, cette modification de la colorimétrie vers des teintes plus sombres est utilisée afin mettre l’accent sur un monde dystopique. Dans le premier épisode, lorsque Jake s’installe pour la première fois dans le passé, la vie à Lisbon Falls devient utopique : l’ambiance y est légère, les couleurs sont vives, la musique y est agréable et les gens semblent heureux de leur situation.

À l’inverse, dans le dernier épisode, lorsque Jake revient dans le temps présent après avoir sauvé Kennedy, il se retrouve dans un monde en ruines aux couleurs sombres et sales. Au cinéma, la dystopie est fortement liée à la pluie, à la saleté et aux détritus. En outre, les relations humaines se font rares. À cause de la crainte, les rapports de domination et de violence deviennent naturels. Dans l’extrait suivant, tous ces éléments liés à la dystopie dans la série télévisée sont clairement visibles

 

Voici une ligne du temps positionnant les concepts de nostalgie,  d’utopie et de dystopie dans le temps de la série.

 

 

 

L’hypothèse d’une forme de critique de la nostalgie prend un peu plus son sens à travers ces différentes images. Nous constatons que les perturbations provoquées dans le passé ont entrainées la destruction du monde contemporain. L’une des règles pré-établies au voyage temporel dans 22.11.63 est que chaque acte dans le passé à des répercussions instantanées proportionnelle à l’action posée. Le “passé” résiste au changement. Lorsque Jake tente d’interagir avec son propre père dans le passé, alors que lui même n’est même pas né, cela provoque un accident de circulation mortel, empêchant son souhait de se réaliser. Ainsi lorsque Jake arrive finalement à empêcher l’assassinat du 35ème président des États-Unis, il modifie incroyablement l’histoire. À son retour, comme l’image ci-dessus le montre, le monde est dévasté. L’idée première basée sur un sentiment nostalgique du voyage dans le passé menant à un futur plus optimiste voir dans ce cas, utopiste, ne se réalise pas. Le temps, le destin ou encore la fatalité sont plus fort que le sentiment nostalgique et il est inutile de vouloir changer le passé.

 

Conclusion

 

À l’issue de l’analyse contextuelle, esthétique et sémiolinguistique de la série, nous remarquons tout d’abord une forme de nostalgie restauratrice qui s’exprime tout particulièrement à travers le personnage de Al Templeton mais qui transparaît aussi dans les choix esthétiques de la réalisation. L’attention particulière portée sur le premier et le dernier épisode a permis de révéler une forte évolution du sentiment  de nostalgie tout au long de la fiction notamment en la menant vers la notion de dystopie. Enfin, en analysant les contextes de parution du roman et de diffusion de son adaptation cinématographique, nous avons constatés  qu’une vision critique de la nostalgie peut aussi se placer du côté des producteurs.

[1] http://www.cnrtl.fr/definition/nostalgie, consulté le 6 juin 2018.

[2]  Jérôme David, « « Une logique que rien n’arrête… » : Uchronie de Renouvier », Écrire l’histoire [En ligne], 15 | 2015, mis en ligne le 08 octobre 2018, consulté le 13 mai 2018. URL : http://journals.openedition.org/elh/585 ; DOI : 10.4000/elh.585

[3]  Thomas More, L’Utopie, Flammarion, 1987. 248 p. ; J’ai lu, 2003 (ISBN 978-2-290-33768-4), première édition en latin en 1516.

[4]  Ainseba, Tayeb. « L’espionnage totalitaire intrafamilial dans 1984 de George Orwell. » Études littéraires, volume 46, numéro 3, automne 2015, p. 65–75. doi:10.7202/1039381ar.

[5] https://www.tdg.ch/monde/ameriques/objets-kennedy-vendus-encheres/story/21782474, consulté le 14 mai 2018.

[6] Dans L’Express, le Magazine du 14 septembre 2000, page 90.

[7] Nouvelle de Keith Roberts, dans New Worlds Quarterly n°4 (Berkley 1972), traduite par Michel Lederer dans Histoires de la 4e dimension, anthologie, Livre de Poche n°3783.

[8] http://www.jfk-assassinat.com/index.php?module=pages&type=user&func=display&pageid=164, consulté le jeudi 7 juin 2018.

[9] https://www.discogs.com/Maurice-Williams-The-Zodiacs-Stay-Do-You-Believe/master/239664, consulté le 6 juin 2018.

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